Pour beaucoup de collégiens et lycéens aujourd’hui, l’école est perçue comme un lieu de pression, de souffrance et de dévalorisation, plutôt que comme un espace d’apprentissage et de construction personnelle.

Absentéisme, refus scolaire anxieux (phobie scolaire), décrochage, échec scolaire, baisse des résultats, manque de confiance, démotivation, troubles du comportement, isolement, harcèlement, addictions… Ces difficultés sont bien réelles et concernent des jeunes qui, souvent, ne se reconnaissent plus dans le système éducatif.

Pour certains adolescents, aller en cours devient un véritable combat intérieur. Le refus scolaire anxieux, encore trop souvent incompris, se manifeste par une anxiété intense, des somatisations, des crises de panique ou une impossibilité psychique de franchir les portes de l’établissement.
Ce n’est ni un caprice ni un manque de volonté. C’est une réaction de survie face à un environnement vécu comme insécurisant : pression scolaire, peur de l’échec, harcèlement, regard des autres, exigences ressenties comme inatteignables…
Lorsque le mal-être s’installe, les résultats scolaires chutent. Les évaluations négatives s’enchaînent, les mauvaises appréciations des professeurs s’accumulent :
« Peut mieux faire », « Manque d’investissement », « Élève perturbateur », « Ne travaille pas suffisamment »…
Peu à peu, l’adolescent intériorise ces messages et finit par se définir à travers eux. Le sentiment d’échec prend le dessus, la motivation disparaît et l’idée même de réussir semble hors de portée. L’échec scolaire n’est alors plus seulement académique, il devient identitaire.
De nombreux jeunes en difficulté se sentent incompris par le corps enseignant. Leur souffrance émotionnelle n’est pas toujours visible, ni reconnue.
Lorsqu’un adolescent va mal, il n’exprime pas toujours son mal-être avec des mots, mais par des silences, des absences, de l’opposition ou parfois des comportements inadaptés.
Cette incompréhension peut renforcer un sentiment d’injustice et conduire à un refus de l’autorité, vécu non pas comme un rejet des règles, mais comme une tentative de reprendre du contrôle dans un système perçu comme écrasant.
Agitation, provocations, insolence, opposition, conflits répétés… Ces comportements sont souvent sanctionnés sans que leur origine émotionnelle ne soit réellement explorée.
Pourtant, ils traduisent fréquemment :
une frustration profonde,
une colère accumulée,
une peur de l’échec,
un besoin de reconnaissance et de considération,
Le comportement devient alors un appel à l’aide, plus qu’un choix délibéré de transgression.
Le harcèlement scolaire, sous toutes ses formes, laisse des blessures durables. Certains adolescents s’isolent, se replient sur eux-mêmes, perdent toute confiance et n’osent plus demander de l’aide.
L’isolement renforce la souffrance et alimente parfois l’absentéisme, le décrochage ou le refus scolaire.
Psychopédagogue et formatrice en guidance parentale, je suis formée au harcèlement scolaire et suis à-même de recevoir des jeunes rencontrant des situations de harcèlement scolaire, ainsi que leurs parents. Vous pouvez prendre rdv directement sur mon agenda en ligne .
Par ailleurs, le numéro de téléphone national en France pour obtenir de l’aide face au harcèlement scolaire ou cyberharcèlement est le 3018. L’appel est gratuit, anonyme et confidentiel. Le numéro est accessible 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h.
Lorsque la souffrance devient trop intense, certains adolescents se tournent vers des comportements addictifs : écrans, jeux vidéo, substances, conduites à risque.
Ces comportements ne sont pas une recherche de plaisir, mais une tentative de soulager une douleur intérieure, d’échapper temporairement à un quotidien vécu comme insupportable.
Absentéisme scolaire : environ 7 % des élèves du second degré ont été absents sans justification au moins plusieurs demi-journées dans l’année scolaire 2023-2024, avec des pics plus élevés dans certains contextes (jusqu’à ~17 % en lycée professionnel).
Absentéisme persistant (plus de 10 demi-journées mensuelles) concerne environ 2 % des élèves – un signe souvent associé à un risque de décrochage.
Refus scolaire anxieux (phobie scolaire) : estimé entre ~1 % et 5 % des élèves, selon différentes études et experts, bien que ce chiffre soit encore difficile à quantifier de manière officielle en France.
Lien entre souffrance psychologique et décrochage : chez les élèves en situation de phobie scolaire, on observe souvent des absences très fréquentes (+40 jours/an) et un risque élevé de décrochage (estimé autour de 50 % et plus dans certaines études croisées de santé mentale et insertion éducative).

La psychopédagogie positive est une approche globale et bienveillante, qui replace l’élève au coeur de sa scolarité.
Elle vise à :
Les difficultés scolaires ne sont pas une fatalité, mais souvent le symptôme d’un déséquilibre plus profond.
Je précise que je ne me substitue pas à un suivi avec un(e) psychologue.
Chaque adolescent a besoin de se sentir reconnu, respecté et légitime. Lorsqu’on lui offre un espace d’écoute, des outils adaptés et un accompagnement respectueux de son rythme, il peut progressivement se reconnecter à ses capacités et retrouver le chemin de l’apprentissage.
Derrière chaque élève en difficulté se cache un jeune en souffrance, mais aussi un potentiel immense, prêt à émerger dès lors qu’on change de regard.